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Le Café Philo de Narbonne

Café Philo de Narbonne - Lundi 12/11/2007Depuis le 30 septembre 1996, le café philo de Narbonne réunit en moyenne quarante à cinquante personnes chaque mois (jusqu’à quatre-vingt dix participants pour le sujet : « Les femmes sont-elles des hommes comme les autres? »), à raison de dix séances par an, de septembre à juin inclus. Plus de douze ans, c’est plus qu’une mode : c’est un public, à la fois noyau d’habitués et renouvellement permanent, selon les périodes, les sujets annoncés dans la presse et à la radio. Cela traduit un véritable besoin de réflexion à Narbonne, comme dans bien d’autres villes françaises. Le café philo de Narbonne s’inscrit en effet dans le mouvement international lancé au Café des Phares (Place de la Bastille, à Paris) par Marc Sautet en 1992… L’idée de base est de réunir pendant deux heures, dans un lieu convivial comme le café, tous ceux qui veulent réfléchir très simplement aux grandes questions de l’existence, en acceptant toutes les opinions, religieuses ou athées, de droite ou de gauche etc., dans l’écoute mutuelle et la recherche commune de vérité. Point ici d’expert en histoire de la philosophie ou de conférences magistrales. Mais des discussions entre participants, après une introduction sur le sujet du jour, une présidence qui répartit démocratiquement la parole, une animation qui veille aux exigences de la pensée, un secrétariat qui renvoie pendant la séance une synthèse des propos tenus, et un compte rendu de la discussion distribué à la séance suivante… Bref, la gratuité et le plaisir de penser ensemble, moment rare dans une vie où l’on prend peu de temps pour revenir sur les leçons à tirer de sa vie. C’est ce qu’Epicure appelait « l’amitié philosophique » (philia)…

1- HISTORIQUE / 2- FONCTIONNEMENT / 3- TEXTES LIES / 4- INFORMATIONS PRATIQUES

1- HISTORIQUE DU CAFE PHILO DE NARBONNE :

 

Par Alain Delsol, Romain Jalabert et Michel Tozzi : 

Lundi 30 septembre 1996 : L’expérience d’un café philo prend forme à Narbonne. Le « café » en question se nomme « Le Bounty ». Environ 60 personnes prennent part à une discussion de deux heures. L’animateur, Michel Tozzi, introduit la discussion philosophique sous la forme d’un pari : « Pourquoi un café philo ? Quel intérêt à discuter philosophiquement dans un café ? ». Des règles de fonctionnement sont empiriquement dégagées, à modifier si nécessaire par la suite… Alain Delsol rédige dès cette première séance les comptes rendus des discussions ; il assure également dans un premier temps les synthèses orales. 

Depuis, chaque mois (sauf juillet et août), soit 10 séances par an, l’information des séances est relayée par les journaux locaux (Midi Libre, l’Indépendant, La Dépêche ) et des radios locales (Radio Narbonne ; RCF, qui retransmettra pendant plus d’un an chaque semaine la discussion d’une séance). 

24 mars 1997 : Michel Tozzi rappelle le fil rouge qu’il conviendrait de suivre dans le cadre du café philo. La méthode qu’il propose pour la discussion est celle du dialogue. Pour cela, Marie-José Bigou enregistre les tours de parole et il est demandé à chacun des participants d’exposer ses idées ; mais aussi d’écouter celles des autres. Ainsi, un climat propice au dialogue devient possible et laisse place non à la polémique (débat d’opinions) mais à l’échange dialectique (débat d’idées). 

Septembre – octobre 1998 : Le même sujet « Qu’est-ce que l’Autre pour Moi ? » est discuté deux séances durant (20 et 21). 

Novembre – décembre 1998 : Lors de deux soirées, trente à quarante personnes se retrouvent au pub de « L’S en ciel » pour débattre du thème suivant : « L’art naît de contraintes, vit de luttes et meurt de liberté » (A. Gide). Michel Tozzi rappelle succinctement le fonctionnement et lance le débat : « Les contraintes inhibent-elles l’art ou au contraire sont-elles des leviers ?) ». Des artistes illustrent le thème de ces deux soirées : pour la musique (Bruno, Richard), pour la peinture (Jeanine, Christian, l’association « A sa Place »), pour la sculpture (Jean), pour la photographie (Anne), pour le théâtre (François). 

4 mars 1999 : Une quarantaine de personnes se retrouvent au « 1000 et 1 Notes », nouvel espace du Café Philo de Narbonne. 

20 septembre 1999 : Pour ce début de 4e année, le café philo étrenne provisoirement un quatrième lieu, le bar de « La Cascade », après « Le Bounty », « L’S en ciel », « le 1000 et 1 notes ». Une trentaine de participants se réunissent pour cette 30e séance consacrée à quelques réflexions sur la pratique sociale d’un tel dispositif. Sujet du jour : « Le café philosophique comme espace public ? ». Michel Tozzi rappelle le « phénomène « café philo » ». 

6 décembre 1999 : Pour se demander si la peur de l’an 2000 est fondée, les participants du café philo se retrouvent au restaurant « Avenue 21 », nouveau lieu de rencontre. 

Septembre 2000 : Un questionnaire a été distribué. Parmi les 50 à 60 participants en moyenne, 22 personnes ont répondu (1/3 d’hommes et 2/3 de femmes), de 22 à 72 ans, représentant une diversité relative : du gérant de société à l’ouvrier boucher, de l’écrivain à l’expert en BTP, avec pas mal de retraités et surtout d’enseignants ou du secteur de la santé. « On » est venu au café philosophique parce qu’on en a entendu parler (par quelqu’un, par un article de presse), mais surtout par curiosité. Ou parce qu’on aime la philosophie et les débats d’idées. Par besoin de s’instruire, d’échanger, d’entendre les autres, de confronter sa pensée… « On » y revient par besoin, pour rencontrer des gens, pour la communication respectueuse, la discussion agréable et libre ; par plaisir, pour s’enrichir, réfléchir se stimuler intellectuellement et « lutter contre le danger d’Alzheimer », pour écouter « des êtres humains pensant, s’essayant à une pensée », « pensant à voix haute sans contrainte » ; intéressé par les sujets traités, les débats, parfois des idées originales ; à cause de l’ambiance, du climat, de la tenue des débats, de la façon de les mener… « On » trouve très satisfaisante l’animation collective : c’est « mieux que tout seul », « permet de maintenir la foule qui peut rapidement délirer », « relance l’échange et le rend très vivant ». La présidente connaît bien les participants, le synthétiseur reformule et recadre bien, il y a des synthèses… Apparaissent comme positifs : « le fait que des gens aient envie de se rencontrer et se parler, de sortir de chez eux pour échanger », « le phénomène de résistance à la télé et aux pensées prédigérées », « la communication, les échanges d’idées, les confrontations d’opinions », « la discussion qui va et vient, rebondit », l’écoute mutuelle et le respect de l’autre, un assez « bon niveau de tolérance réciproque », « le débat avec personnes de catégories sociales différentes », la diversité des gens qui s’expriment, les interventions « personnalisées », l’engagement des personnes ; l’ouverture assez large d’idées, la progression de la réflexion sous le thème ; les personnes qui dirigent le débat, la répartition de la parole, « le fait de donner à chacun la possibilité de s’exprimer », le synthétiseur…  

« On » note comme critiques :  les sujets pas toujours « sublimes » ; le rythme des échanges parfois trop rapide ; le manque de distance, de hauteur, de références ; un public trop ciblé ; une « écoute insuffisante qui empêche une réflexion liée du groupe », l’absence de débat : « trop d’attente pour pouvoir répondre, ça bloque l’échange », « on donne sa réponse 4 ou 6 interventions plus loin » ; des interventions trop longues ; ou trop préparées, ce qui nuit à la spontanéité et à une bonne écoute. 

Parmi les suggestions : élargir à d’autres catégories sociales ; limiter le temps de parole de certaines interventions ; ne pas donner le sujet d’avance, mais choisir parmi plusieurs propositions faites en début, et retenir des sujets d’intérêt général ; provoquer des dialogues à partir de questionnements ; quand un thème ou une nouvelle apparaissent, prendre une série d’interventions dessus avant de passer à un autre thème ; laisser pendant un temps la possibilité de répondre à ce qui vient d’être dit ; proposer un prolongement à la réflexion par des lectures ; centrer les synthèses orales sur ce qui a été effectivement dit ; prolonger par des rencontres moins formalistes, faire un débat à « la maison des potes » … 

23 octobre 2000 : Nouveau lieu pour le café philo : le Café de la Poste (30, boulevard Gambetta), jusqu’à aujourd’hui… 

Octobre – novembre 2000 : Publication de la première brochure du Café Philo de Narbonne (« Café Philo de Narbonne : 1996, 1997, 1998, 1999, 2000, … Réflexions et débats »), réunissant articles de fond sur les enjeux et l’animation d’un café philo, ainsi que le descriptif du fonctionnement de celui de Narbonne. Une trentaine de comptes rendus des séances du café-philo de Narbonne, ainsi que la liste des sujets abordés durant les quatre premières années. Deux articles concernant une classe primaire de CM1 qui s’inspire de ce fonctionnement. En guise d’introduction, on peut lire : « Ce qui a guidé notre esprit pour écrire les comptes rendus, c’est qu’une pensée collective pouvait émerger d’un dispositif démocratique. La première année, Alain effectuait la synthèse écrite et orale, par la suite il ne s’occupera que de la synthèse écrite ». C’est Martine Le Bars, professeur de philosophie, qui assurera les synthèses orales jusqu’au mois de juin 2004. Henry Jany, professeur de philosophie en retraite, prendra ensuite le relai. 

Juin 2002 : Alain Delsol remet cinquante questionnaires lors de la dernière séance de juin 2002, avec un retour de trente-huit formulaires. Les réponses sont les suivantes : l’assistance est composée pour 75 % de femmes, l’ensemble des participants a plus de 49 ans, et la majorité a fait de la philosophie au lycée. Les participants sont des habitués, 39 % viennent depuis plusieurs années et 36 % depuis un an. Les plus de 49 ans considèrent le compte rendu instructif et les moins de 29 ans souhaitent un retour en temps réel. Les autodidactes et ceux qui ont fait de la philosophie dans le supérieur trouvent le compte rendu fidèle à ce qui a été dit, ceux qui ont fait de la philosophie au lycée sont moins indulgents. La question de la trace écrite partage le groupe en deux ; ceux qui ont eu une formation philosophique dans le supérieur utilisent le compte rendu pour repenser au thème ; ceux qui ont une formation secondaire ou autodidacte ont une appréciation plus psychologique : « on voit qu’on a dit des choses intéressantes ». Ceux qui interviennent quelquefois ou souvent (40 % du groupe) au cours de la discussion apprécient le compte rendu comme une trace pour repenser au thème ; ceux qui n’interviennent jamais expriment moins d’intérêt pour ce type de compte rendu. Il y aurait donc une corrélation entre l’intérêt pour le compte rendu et le fait que l’on intervienne dans la discussion. Un des buts du dispositif du café philo est de faire participer le plus grand nombre. Lors de chaque séance 40 à 50 % de la cinquantaine de participants prennent la parole, taux exceptionnel par rapport au nombre de présents. 

24 juin 2002 : 59ème et dernière synthèse rédigée par Alain Delsol. Entre cette date et le 4 octobre 2004, quelques comptes rendus sont ponctuellement rédigés par des participants volontaires, dont Henri Jany. Ces textes, souvent manuscrits, n’ont hélas pu être conservés. 

Septembre 2002 : Publication de la deuxième brochure (« Café Philo de Narbonne et Café Philo Sophia : 2000 – 2002.  Réflexions et débats »), en collaboration avec le Café Philo Sophia (Maison du Malpas, Colombiers, 34), tandis que le mouvement des cafés philo en France est déjà « vieux » de 10 ans. 

4 octobre 2004 : Après trois séances de découverte du café philo, Romain Jalabert accepte de rédiger des synthèses écrites (qui sont systématiquement distribuées lors de la séance suivante). Après la rotation des présidences entre Marie-Jo Bigou, Martine Vidal et Nicole Aucouturier, c’est Anne-Marie De Backer qui assurera la présidence. 

Janvier 2006 : Publication de la troisième brochure (« Café Philo de Narbonne et Café Philo Sophia : 2003 – 2005 »), en collaboration avec le Café Philo Sophia (Maison du Malpas, Colombiers, 34). 

24 avril 2006 : F. Bruno accepte d’illustrer les thèmes des séances du café philo. Quelques affiches sont imprimées (format A4) pour chaque séance, et posées à divers endroits de la ville de Narbonne (Librairies, Associations, Office du Tourisme, etc.). 

12 juin 2006 : La dernière séance de l’année 2005 – 2006 se termine autour d’un apéritif dinatoire offert par Farid, maître des lieux. 

18 septembre 2006 : 1er numéro de PHIL’INFO (PHIL’INFOS jusqu’au mois de mars 2007), le bulletin d’information du Café Philo de Narbonne, rédigé par Romain Jalabert. Outre la synthèse de la séance précédente et l’annonce de la problématique de la séance du mois en cours, Phil’info réunit sur une feuille A4 recto-verso dates et informations relatives aux diverses pratiques philosophiques dans le narbonnais et aux alentours (cafés philo, banquets philo, conférences et ateliers philo de l’Université Populaire de Septimanie, etc.). Distribué dans sa version papier à chaque début de séance, Phil’info est également adressé dans sa version électronique aux personnes qui le souhaitent. 

9 octobre 2006 : Soirée anniversaire à l’occasion des 10 ans du café philo, et de la 100ème séance. Une discussion d’une heure est animée par Daniel Mercier (animateur du Café Philo Sophia, Maison du Malpas à Colombiers, 34) sur le même thème que celui de la première séance en 1996 (« Pourquoi un café philo ? Quel intérêt à discuter philosophiquement dans un café ? »), suivie d’une seconde partie plus festive, au cours de laquelle plusieurs participants du café philo célèbrent à leur manière (poèmes, textes, chansons, etc.) l’évènement : Marie-José, Fernand, Alain, Romain, Michel, Anne de Lierre, Jeanine, Florence, Bruno, Martine V., Richard,  etc.  Une collecte est effectuée pour financer la réalisation de la version papier de Phil’info. La soirée se poursuit autour d’un apéritif dinatoire chaleureusement orchestré par Farid, maître des lieux, avec la contribution de la plupart des participants qui ont apporté mets salés et sucrés. 

1er mars 2007 : PHIL’INFOS devient PHIL’INFO au gré d’une évolution graphique qui le rend plus sobre et mieux « fini ». 

9 mars 2007 : Après François Jullien l’année précédente, c’est Sylviane Agacinski qui est invitée par le Café Philo Sophia à Colombiers (34). Une fois de plus, nombre de narbonnais assistent à cette conférence. Le thème (« La femme est-elle un homme comme les autres ? ») est celui qui avait jadis réuni 90 personnes au Café Philo de Narbonne. Muriel Mannessier nous fait partager ses notes, publiées dans Phil’info n°8 (avril 2007). 

Fin octobre 2007 : Mise en ligne du blog du Café Philo de Narbonne (http://cafephilo.unblog.fr). Après deux premiers mois aux alentours de 300 visites chacun (novembre et décembre 2006), le blog dépasse les 1500 visites mensuelles dès janvier 2008 pour compter jusqu’à plus de 2100 visites mensuelles au mois de mars 2008 (soit une moyenne d’environ 70 visites par jour). 

7 janvier 2008 : Une fois de plus la plume poétique d’Anne de Lierre sévit au café philo. En guise de vœux pour 2008, Anne-Marie De Backer a donné à ses vers des teintes philosophiques, pour le plus grand plaisir des personnes présentes. 

Janvier 2008 : Publication d’une quatrième brochure (« Café Philo de Narbonne et Café Philo Sophia : 2005 – 2007 »), en collaboration avec le Café Philo Sophia (Maison du Malpas, Colombiers, 34). 

4 avril 2008 : Un peu plus d’une trentaine de « café-philistes » narbonnais se retrouvent en Agde à l’occasion de la conférence d’André Comte-Sponville (« Mondialisation et civilisations : quelles valeurs pour le XXIème siècle ? »), organisée par le Café Philo Agathois et la Maison des Savoirs d’Agde. Un dispositif d’inscriptions et de covoiturage est proposé aux participants du Café Philo de Narbonne  lors de la séance du lundi 17 mars. 

 

11 avril 2008 : La présentation graphique du blog est améliorée et le contenu augmenté…

 

21 et 22 octobre 2008 : A l’occasion des deux représentations de la pièce de Jean-Claude Brisville (”L’entretien de M. Descartes avec M. Pascal le jeune”, mis en scène et joué par Daniel et William Mesguich), les 21 et 22 octobre 2008 (Théâtre de Narbonne, scène nationale), un partenariat a eu lieu entre le Théâtre et le Café Philo de Narbonne.Pour la première des deux représentations, plus de 30 places ont été proposées aux participants du Café Philo de Narbonne, à tarif réduit. Mercredi 22 octobre 2008 à 18h, peu avant la seconde représentation, un café philo extra-ordinaire s’est tenu au bar du Théâtre de Narbonne, en présence des comédiens. Pendant près d’une heure, Daniel et William Mesguich se sont remarquablement prêtés au jeu des questions posées par Michel Tozzi. Puis ils ont laissé place au café philo proprement dit, selon le dispositif habituel du Café Philo de Narbonne. Le thème prévu (“Faut-il préférer la passion de la jeunesse ou la sagesse de la maturité?”) permettait à ceux qui n’avaient pas vu la pièce de participer aisément librement et (toujours) gratuitement à cette discussion. Près de 50 personnes étaient présentes.

20 novembre 2008 : Dans le cadre de la « Journée mondiale de la philosophie » et du 8ème colloque international « Nouvelles pratiques philosophiques à l’école et dans la cité », au siège de l’UNESCO à Paris, le Café Philo de Narbonne est représenté (Romain Jalabert) lors de la rencontre thématique sur les cafés philo, aux côtés des cafés philo de Dax, Lyon, Marseille, Noisy-le-Grand, Paris, Revel, Toulouse, etc. Thème de la rencontre : « Les cafés philo : quelle élaboration individuelle et collective pour la pensée? ».

24 novembre 2008 : 123ème séance du Café Philo de Narbonne (+ 1 extra-ordinaire le mois précédent au Théâtre de Narbonne) ; Farid, qui nous accueille toujours très chaleureusement au Café de la Poste, a décidé de fêter un moment fort de son entreprise en compagnie des « cafés philistes ». Apéritifs, grillades, vins et desserts offerts ; poèmes, chansons, sketches, … préparés ou improvisés ; ambiance conviviale, festive, chargée d’émotions et d’humanité. Encore une belle soirée passée au Café de la Poste…

15 décembre 2008 :Pour la dernière séance de l’année 2008, Yannis Youlountas est venu donner des accents grecs au Café Philo de Narbonne. Ses doux alexandrins déclamés à brûle-pourpoint, « iotisés » ensuite par cette belle langue maternelle de la philosophie avec laquelle il nous berce, spontanément ; un café philo tout entier se laisse volontiers méduser par « les lèvres d’Athènes », transporter par les métaphores du poète, du philosophe, de l’homme. Qu’est-ce que l’homme? Oui ce café philo était bien philosophique, pour qui aurait pu en douter. Non ! Poésophique… selon ce beau terme imaginé par Yannis et son ami GunterGorhan. « L’homme est-il un voyage ? » est donc un sujet de café… poésophique !, l’occasion d’articuler l’aridité du concept et la chair de la poésie. Et ce n’est pas Farid, notre hôte, qui refuse pareille chaleur en ses murs…

Mars 2009 :Dans le cadre des projections (les 13, 15 et 16 mars au Théâtre de Narbonne) du film « Chomsky et Cie », une discussion autour du film (organisée par la Maison des Potes, animée par Michel Tozzi) s’est tenue le lundi 16 mars, après la séance. Puis un café philo extraordinaire, animé par l’équipe du Café Philo de Narbonne, s’est déroulé le jeudi 19 mars à 19h, à la Brasserie du Théâtre. Le sujet : « Comment analyser les mécanismes du pouvoir? ».

13ème année déjà d’une expérience passionnante tous les mois, pendant deux heures quinze coupées par une pause ; 30 à 60 personnes présentes ; un noyau d’une trentaine d’habitués, enrichi par des apports chaque année, ou ponctuellement à une séance en fonction du sujet annoncé par les médias ; 40 à 50% qui prennent la parole (priorité à celui qui ne s’est pas encore exprimé) ; convivialité par l’usage du prénom, avec prolongation de la discussion par un repas sur place pour ceux qui le désirent, et accueil chaleureux du cafetier, qui décore régulièrement les murs par des expositions de peintures de créateurs locaux ; gratuité pour les participants (qui consomment s’ils le veulent). Un dispositif rôdé : des sujets proposés avant pour réflexion ; une introduction problématisée au débat; un président répartissant la parole selon des règles démocratiques ; un animateur veillant à la philosophicité des échanges et à la progression du débat ; un secrétaire renvoyant à chaud une synthèse après la pause et à la fin de la séance ; un synthétiseur à froid avec résumé de la séance sur papier distribuée sous forme de Phil’Info, et téléchargeable sur le blog… Ce système coopératif tente d’articuler dans un espace semi public de discussion démocratie et philosophie, inventant dans la cité une nouvelle pratique sociale…

 

2- FONCTIONNEMENT DU CAFE PHILO DE NARBONNE :

Le Café Philo de Narbonne regroupe en moyenne dans sa séance mensuelle (dix séances par an) uneCafé Philo de Narbonne - 2008 cinquantaine de personnes (jusqu’à quatre vingt-dix sur le thème : « Les femmes sont-elles des hommes comme les autres ? »). Beaucoup plus qu’une classe nombreuse de lycée. Le choix constitutif ayant été celui d’un échange collectif, et non d’une conférence-débat, la problématique d’animation peut se résumer ainsi : « comment discuter pendant environ une heure quarante cinq à plus de cinquante, à la fois démocratiquement et philosophiquement ? » Vingt personnes à peu près (les « habitués » et quelques nouveaux) y prennent la parole, de une à trois fois : les 2/5 de l’assemblée, c’est un nombre significatif rapporté à la loi des grands groupes (le nombre d’intervenants spontanés diminue habituellement avec l’augmentation de leur taille …). 

LE DISPOSITIF 

- La coanimation est le choix démocratique d’une responsabilité collective à partager par des fonctions distinctes. 

-L’introducteur de la problématique (qui peut changer à chaque séance), pose en cinq minutes au début, les termes du débat, et ne réintervient que plus tard ou pas du tout, pour éviter toute focalisation sur sa personne. 

-Le répartiteur de parole (Anne-Marie, Marie-jo, Marcelle, Martine V. ou Nicole) gère la forme de la communication et régule les processus socio-affectifs interpersonnels et groupaux. 

-Le reformulateur (Michel, Cf._site_personnel) à court terme (après une ou trois interventions) construit du sens et de la progression dans le débat collectif, en faisant le lien entre les interventions et le sujet (pour éviter les dérives, recentrer), et entre le contenu des différentes interventions (pointage des questions, éléments de définition, thèses qui émergent, arguments contradictoires, niveaux ou registres de la discussion …) ; les reformulations ne sont jamais évaluatives, mais à fonction explicitante, et souvent à la fin questionnantes. 

 

-Le synthétiseur à moyen terme (Henri) renvoie au groupe, après une pause de dix minutes suivant une heure de débat, et à la fin des deux heures à chaud, un concentré structuré et valorisant des échanges, permettant d’engranger les acquis et de rebondir.

-Le synthétiseur à froid (Romain) restructure plus en profondeur un résumé distribué à la séance suivante.

-Les sujets sont proposés par les participants, choisis par les animateurs, et chaque fois annoncés pour le mois qui suit (possibilité d’y réfléchir avant). Type de sujets abordés : « La tolérance, jusqu’où ? », « Qu’est-ce que l’autre pour moi ? », « Peut-on tirer des leçons de son expérience personnelle ? », « L’individualisme : épanouissement personnel ou piège social ?»…

-La parole est régie par des règles démocratiques : la demander en levant la main. Ne la prendre que lorsqu’on y est autorisé – mais pas trop longtemps (sinon une petite clochette retentit). Priorité absolue à ceux qui ne sont pas encore intervenus (droit perdu aussitôt qu’utilisé). Avec pour corollaire : se taire et écouter quand on n’a pas la parole. Ne pas couper quelqu’un qui parle ni manifester une réaction à son discours. Cet ordre rigide d’inscription peut ponctuellement être rompu pour une ou deux réactions spontanées brèves (chaque personne a droit à un « joker » par soirée). La norme est l’appellation par le prénom (qui n’implique pas forcément le tutoiement), proximité qui neutralise la « raison sociale » de chacun et égalise le poids des paroles.

 

-La pensée est régie par des règles philosophiques : tenter d’argumenter ce que l’on avance ou objecte, pour savoir si ce que l’on est dit est vrai – Essayer de définir les notions, pour préciser ce dont on parle. Questionner la question, pour bien comprendre le problème. Bref penser ce que l’on dit, et non se contenter de dire ce que l’on pense…

 

3- TEXTES LIES AU CAFE PHILO DE NARBONNE :

- DELSOL Alain, « Trois ans de café-philo », in Diotime, Revue internationale de didactique de la philosophie, Montpellier, SCEREN – CRDP Académie de Montpellier, juin 2000 : LIEN

- DELSOL Alain, « Rédiger un compte rendu de café philo », Revue internationale de didactique de la philosophie, Montpellier, SCEREN – CRDP Académie de Montpellier, avril 2004 : LIEN

- JALABERT Romain, « Rendre compte d’une discussion de café philosophique : de l’accouchement des pensées individuelles à la synthèse écrite collective », Revue internationale de didactique de la philosophie, Montpellier, SCEREN – CRDP Académie de Montpellier, janvier 2006 : LIEN

- TOZZI Michel, « Un café-philo bien frais ! (animer un débat philosophique au café) », in Cahiers Pédagogiques, n°385, mai 2000 : LIEN

- TOZZI Michel et DELSOL Alain, « Le Café Philo de Narbonne, de 1996 à 2000 : réflexions et débats », 1ère brochure éditée par le Café Philo de Narbonne, sur le site www.philotozzi.com, novembre 2000 : LIEN

- TOZZI Michel et DELSOL Alain, « Café Philo de Narbonne : comptes rendus des séances, années 2000 – 2002″, sur le site www.philotozzi.com : LIEN

- TOZZI Michel et JALABERT Romain, « Café Philo de Narbonne : comptes rendus des séances, année 2004 – 2005″, sur le site www.philotozzi.com : LIEN

- TOZZI Michel et JALABERT Romain, « Café Philo de Narbonne : comptes rendus des séances, année 2005 – 2006, sur le site www.philotozzi.com : LIEN

4- INFORMATIONS PRATIQUES CONCERNANT LE CAFE PHILO DE NARBONNE :

Où ? 

Au Café de la Poste, 30 Boulevard Gambetta à Narbonne

Quand ?

Un lundi par mois, de septembre à juin inclus. De 18h à 20h15 (pause vers 19h10)

Qui ?

Animation-reformulation : Michel Tozzi

Synthèses orales et écrites : Marcelle Fréchou-Tozzi, Paul Cabanac, Romain Jalabert

Présidence de séance-répartition de la parole : Anne-Marie de Baecker

Coordination du bulletin d’information et du blog : Romain Jalabert

Contact 

michel.tozzi@orange.fr ou romainjalabert@yahoo.fr

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